« Túnez, ¿de qué revolución hablamos? », in Diagonal, Madrid, 18 febrero, 2011. Número 144

Recibimos desde hace varios días, con mucha razón sin duda alguna, consideraciones entusiastas sobre el movimiento social en Túnez. Aprovechemos nuestro placer, sobre todo de ver los presos políticos salir de las prisiones de Ben Ali. Sin embargo, bajo estos comentarios eufóricos, no sería necesario sobre todo dejarnos encerrar en el mar de comentarios de información. En realidad, y en todo rigor, conocemos bastante poco cosa sobre este movimiento social; bastante poco las cosas susceptibles de alimentar análisis para una comprensión fundada en ciencia social. La iteración de la palabra “revolución” constituye una clase de prescripción “main stream”. Decir esto expone obviamente a riesgo de no estar entendido, puesto que que se trataría que de una “revolución de jazmines”, como si era necesario que sea “agradable” con el fin de aparecer bajo el resplandor inventado de la “democracia”.

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« Émeutes et violence: les paradoxes de l’État de droit », in Émeutes, contestation et ordre étatique: Octobre 1988 – Octobre 1998 Perspectives comparées à partir du cas algérien, Didier Le Saout et Marguerite Rollinde éds, Paris, Karthala/IME, 1999

Emeutes et mouvements sociaux au maghreb

Il existe des degrés d’émeute. Toute l’histoire sociale, celle qu’offre les récits d’époques les plus lointaines jusqu’à ceux de l’ère moderne, l’illustre. Ce n’est probablement pas par hasard historique si cette récurrence parcours comme un flot, certes souvent désordonné, le mouvement des sociétés. On ne peut en tout cas éviter de supposer que puisse s’y loger une des sources, sinon la structure même, du changement social. Introduire ainsi le thème de l’émeute, n’implique nullement, bien que cela soit tentant, de s’abandonner à quelque acception téléologique de l’historicisme. Stipuler qu’il existe des degrés d’émeute revient certes, à identifier deux dimensions: l’une, verticale, qui hiérarchise les émeutes relativement à la force de leurs impulsions et à l’ampleur de leurs conséquences, l’autre, horizontale, qui met cette hiérarchie en perspective diachronique et observe comment son agencement s’inscrit, ou non, en cohérence avec un moment historique. Mais mettre à l’épreuve l’hypothèse d’un “ sens ” de l’émeute, identifiable tant dans l’enchaînement de ces impulsions, ou par le fait même de cet enchaînement, sur la courte et la longue durée, que dans l’agencement de ses niveaux d’intensité, efface l’intérêt pour la multiplicité des facteurs propres aux processus qui la façonne ; facteurs qui, éventuellement, peuvent s’inscrire dans une intention, rationnelle ou non.

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« Révolution dans le Monde Arabe ou la démocratie inachevée », in Tra il nuovo e il vecchio : i cambiamenti politici nel nord Africa, Dir Antonio Sassu, AM&D Edizioni, Cagliari 2012

Couverture Tra il nuovo e il vecchio

Peut-on encore supposer un « Monde arabe » et parler de « révolutions arabes » sans voir que c’est déjà faire preuve d’exceptionnalisme méthodologique ? La priorité est aux considérations enthousiastes et aux commentaires extatiques, sous la prédominance de sources que les chercheurs ont pour principe de mettre en doute ou de soumettre à l’analyse critique. Articulées l’une à l’autre, ces sources sont médiatiques, orientées par les postures idéologiques propres à chacune d’elle et partisanes, produites par des protagonistes guidées par les références doctrinales et objectifs des uns et des autres. Les exigences minimums d’une science sociale « normale » semblent y trouver laborieusement leur place, comme si elles n’étaient pas adaptées aux types d’objet ou aux processus représentés par les événements en Tunisie, en Égypte et dans les autres pays du pourtour méditerranéen.

L’article qui suit analyse le processus de formation des États nationaux nord africains, en mettant en lumière comment la matrice coloniale a conduit les colonisateurs à une sous-estimation de l’articulation ethnique, sociale et historique des populations colonisées. Cela a entraîné la construction d’une « unité nationale » et, dans la plupart des cas, à l’invention de types spécifiques de régimes politiques au pouvoir et à la marginalisation des mouvements sociaux, présentée aujourd’hui comme expression de la « société civile ». Ceci explique ainsi que les élites militaires, en couvrant un vide politicien et social, ont tenu un rôle central dans l’histoire récente de ces pays et ils en constituent encore une variable cruciale de l’évolution en cours.

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