« Approche typologique de la génération des formes sociales de la fonction d’intégration », in Identité et culture Amazigh, Édition Bouchène, Paris, A paraître

Il s’agit ici de présenter une théorie générale des formes associatives, apte notamment à en produire une typologie. En tant que théorie, elle n’est évidemment pas compatible avec les visions Politico idéologiques des associations, souvent présentées comme des « écoles de la citoyenneté » ou celles que l’on trouve dans les manuels orientés vers les technologies d’intervention sociale qui, lorsqu’elles sont néo-libérales, les envisagent comme des « organisation de la société civile », ou, quand elles sont portées par des mouvements sociaux de gauche, comme des lieux d’organisation de la solidarité entre dominés. Plus encore, une telle théorie des systèmes d’association présente l’avantage d’ouvrir des hypothèses fécondes sur les processus de changement et de reproduction sociale des systèmes sociaux hiérarchiques. Tout autant qu’elle oriente vers la «sociologie de l’habitus» elle permet en effet d’explorer les approches dynamistes, comme a pu le faire Georges Balandier quant à la permanence de l’inégalité dans la structure sociale, sous les catégories de prestige et de pouvoir, articulant les champs très actuels de « tradition » et de « modernité ».

→ Ouvrir le PDF

«Une sociologie des formes associatives est-elle encore possible?», in Autour d’Alain Caillé et des travaux du Mauss, Proximité, EME, Bruxelles, 2010

Qu’est-ce que l’« individu »? Intruse question que celle-ci quand l’utilitarisme prépondérant ne cesse d’inviter les disciplines de science sociale à sacrifier, sous le signe de la révélation, au rite du « sujet ». Un « sujet » forcément controuvé, mais assurément artificieux, sinon mystificateur ; une axiomatique du sujet venant en somme compléter celle de l’intérêt. Au risque d’irrecevabilité, l’interrogation peut se formuler ainsi: les caractéristiques qui créent et orientent les conduites de cette machine nommée « individu » peuvent-elles être identifiées? Á condition bien sûr de faire l’hypothèse qu’elles y résident bien là, cela paraît non moins pertinent que de suggérer d’emblée un « sujet » de nature utilitariste ou contre-social. « Le sujet est un concept fondamentalement non social parce que l’ordre social, c’est l’anti-sujet. Je me défends contre le social et je le construis. Ce qui fait qu’on peut être un acteur, c’est qu’on intervient comme sujet. L’acteur ne peut être social que s’il a une base d’évaluation non sociale des conduites, quelles que soit la société considérée » (Touraine, 2000, pp. 38-39). Pour Alain Touraine, parmi d’autres, l’« acteur » se constitue de ce fait à partir d’un « sujet » non social, construisant son agir sur une base non sociale ; comment décrire cette sorte de réalité nouménale. Tout laisse à penser que si les disciplines de science sociale semblent avoir abandonné toute volonté heuristique dans ce domaine, c’est parce que, visant pour la plupart le présupposé de leurs théories, la démarche exposerait ces dernières au risque de péremption…

→ Ouvrir le PDF

« Association, auto-organisation et changement social: le cas des jeunes issus de l’immigration maghrébine en France », in Insaniyat, Oran, Centre National de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle, N°8, Juillet-Août, 1999

L’intérêt de l’analyse scientifique des formes associatives ne réside pas tant dans leur classification typologique – il en existe de nombreuses dont les critères appellent souvent des problématiques contradictoires -, que dans le dévoilement des mécanismes structurels du changement social. L’hypothèse développée ici pose le principe d’une théorie fondée sur le travail pulsionnel des processus d’auto-organisation, comme sa modalité initiale et nécessaire. Dans un premier temps, elle relève d’une socioanalyse du rapport entre différents sens: les sens technologiques qui organisent les pratiques de rationalisation du social et le sens commun comme résultat historique intériorisé de ces pratiques. Ainsi, consiste-t-elle à analyser ce va et vient entre les structures objectives de la société et ses formes cognitives – comment les agents sont, et ont été, amenés à donner du sens à leurs activités -. Cependant, cette voie féconde, en tant qu’elle vise à surmonter les problèmes non résolus hérités des approches structuro-fonctionnalistes, tend à désagréger la notion d’État. En effet, montrer l’État et la Société dans un rapport de fluidité où l’État est à la fois le produit des processus internes à la société et son constituant non séparé d’elle, revient à penser le changement social exclusivement en dehors des déterminismes fonctionnels par lesquels l’État parvient à assurer son primat sur la société. Ceux-ci concernent précisément l’activité de rationalisation, relativement à la gestion de sociétés soumises à la structure concurrentielle de l’économie de marché. Réintégrer l’État est le moyen d’objectiver les structures rationnelles, et leur conversion historique, conduisant son autonomisation fonctionnelle et systématique selon une logique interne économique et technologique, et d’explorer ce travail fait par la société sur elle-même pour, en parlant comme Durkheim, inventer des « choses » qui n’apparaissent pas comme un arbitraire s’imposant de l’extérieur aux individus.

→ Ouvrir le PDF

« Expressions, interprétations de l’Islam dans les quartiers d’urbanisation prolétaire en France » in Approches de l’Islam, « Les actes de la DEGESCO, IISMM, EHESS, Paris, Déc 2006

Actes DEGESCO

Avec cette étude on ne quitte pas le Maghreb, ou plutôt l’Algérie, par la portée de son histoire à saisir les facteurs socio culturels du mouvement actuel d’islamisation en France : tant l’histoire de sa construction nationale que celle qui lui est antérieure. C’est à la fois l’histoire qui, par le déplacement du capitalisme atlantique, va « disqualifier » la Méditerranée et préparer des configurations « favorables » à l’instauration spécifique des rapports Nord/Sud contemporains: autrement dit, résultant de développements socio historiques que nous appelons « colonisations ». Il s’agit donc d’une histoire « exemplaire », en tant qu’elle fixe le cadre conceptuel des rapports France/Maghreb et appréhende un ensemble de déterminants qui pèsent sur la mise en forme des rapports sociaux en France aujourd’hui. Notre hypothèse est qu’ils ont conduit à des types de mise en mouvement et des formes d’apparition de populations, tels les « circulations migratoires », coloniales et post coloniales, ou à présent « l’islamisation ». Ainsi, avec les immigrations post coloniales, on reprend l’inspiration de Abdelmalek Sayad qui considérait l’immigration algérienne comme « exemplaire », d’abord de l’immigration coloniale et post coloniale, mais plus encore exemplaire de la condition d’émigré et d’immigré, d’Algérien et de Français, ce « paradoxe de l’altérité » propres à toutes immigrations (Abdelmalek Sayad, L’immigration ou les paradoxes de l’altérité, Bruxelles, Éditions universitaires/De Boeck, 1991).

→ Ouvrir le PDF