« Immigrés », in La France des années 68, Éditions Syllepse, Paris, 2008

Couv-La France-des-annees-1968

« Travailleurs français immigrés, même patron, même combat ! ». Bien que l’association « travailleurs » et « immigrés », même illustrée des termes « tous unis » ou « solidarité » ne domine pas dans l’expression publique du mouvement de 68 et ne semble pas avoir été accompagné d’activités importantes en mai et juin, la formule fait partie des thématiques de ce que l’on appelle maintenant l’« esprit de Mai 68 ». C’est dans ses prolongements, comme en bien d’autres domaines, dans les années 1970, que s’affirmeront la puissance symbolique de la formule et ses effets pratiques. Plus encore, bien qu’absente des murs et des banderoles, le mouvement de Mai 68 apparaît comme sa proclamation, confirmant en ce sens sa signification profonde, c’est-à-dire un moment singulier et saisissant, commencé bien avant, d’un processus de rupture avec les nationalismes des 19 e et 20 e siècles, avec leurs idéologies et les structures sociales qui en ont résulté. Processus de rupture marqué par un retour, tout en renouvelant sa forme et son contenu idéologique, à un internationalisme porté par les mouvements étudiants, depuis les mouvements de soutien aux luttes anticoloniales jusqu’à celles, anti-impérialistes, contre l’intervention américaine au Vietnam, en défense de la révolution cubaine ou en faveur du peuple palestinien…

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